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الاستاذ المسلك سعيد يبعث بتقرير مفصل حول سلبيات فترة التعليم الصريح إلى المجلس الأعلى للتعليم في أفق تجاوزها

 Rapport descriptif de la 2ème Période :

 Les mille et un malheurs de l’Explicite

                                          

Lamsallak Said /Collège Prince Héritier-Azilal

*Prélude :

Pendant les récentes formations pédagogiques subies, on nous a présentés l’enseignement explicite comme étant une méthode qui s’inscrit dans le processus de réforme majeur visant à restructurer en profondeur le système éducatif national. C’est une approche pédagogique structurée, centrée sur la clarté des objectifs, la modélisation, la pratique guidée et le retour systématique sur les apprentissages. On nous a même présenté quelques statistiques relatives à la rentabilité positive de l’explicite réversible sur l’ensemble des apprenants des écoles pionnières adhérentes au projet. Ainsi ; cette approche-là a-t-elle conduit à une amélioration significative des niveaux d’apprentissage des élèves, surtout en mathématiques (67 %) et en langue française (62 %) entre autres..

Cependant, l’expérimentation ; la pratique directe et le contact quotidien avec les élèves en classe ; ont montré que ce modèle est non convaincant et que l’accompagnement pédagogique y est très limité et de faible qualité.

En effet, l’EE se confronte aux principes des réformes éducatives : la Vision stratégique 2015-2030 (CSEFRS, 2015), la Loi-cadre 51-17 (MENPS, 2019) et la Feuille de route 2022-2026 (MENPS, 2022) qui misent sur la créativité, la différenciation pédagogique, l’inclusion et l’autonomie de l’enseignant, de l’apprenant et l’établissement. Orienté ; dans ce contexte-là, ce modèle (standardisé et uniforme) se focalise sur l’acquisition des compétences de base au déterminant du développement de la pensée critique, la curiosité ; de la découverte et de l’innovation. Cela ; sans rappeler les différentes failles relatives à une très mauvaise communication administrative entre les services centraux et le reste des instances pédagogiques concernées lors des phases importantes et sensibles ; en l’occurrence ; celles de la passation des contrôles oraux et des contrôles écrits durant lesquels ; l’enseignant « pionnier » avait sué sang et eau pour mener à bien une évaluation tant contestée ; comme nous l’expliquerons plus tard dans ce modeste rapport.

Le programme s’appuie ; donc ; sur deux piliers pédagogiques complémentaires jalonnant deux périodes essentielles : une approche curative, incarnée par la méthode (tarl) pour combler les lacunes accumulées, et une approche préventive, fondée sur l’explicite, afin de garantir une acquisition solide et progressive des nouveaux savoirs.

*la période de l’explicite: de vrais problèmes apparaissent !

  – Changement de classes et perturbation : remédiation/explicite

      Lors du premier rapport descriptif relatif à l’état des lieux des apprentissages de la période de la remédiation intensive ; nous avons essayé ; en 23 pages ; de faire l’étalage détaillé de quelques problèmes rencontrés durant notre exercice pédagogique pour la mise en œuvre des consignes apprises pendant les deux formations de juillet et de septembre. Une remarque saillante a été enregistrée lors de la transition de la remédiation à l’explicite : celle du changement inattendu des classes. Car ; au fait ; un tel changement a visiblement perturbé l’apprentissage et l’enseignement ; notant que l’objectif des dispositifs de remédiation intégrés est justement d’éviter cette perturbation en permettant un accompagnement personnalisé au sein de la classe. Pour réussir, cela nécessite une collaboration étroite entre les enseignants pour organiser au mieux l’utilisation de ces périodes afin de ne pas reproduire les anciennes pratiques où les élèves étaient simplement déplacés en dehors du cours. Ainsi-avons-nous remarqué un manque de continuité se cristallisant à partir du fait que ce changement d’environnement eut brisé en quelques sortes la concentration de l’élève et rendit la transition difficile. On a fait la remarque à notre inspecteur pédagogique que si les élèves sont systématiquement séparés, cela peut créer une stigmatisation et un sentiment d’échec. Cela sans oublier une certaine complexité de la gestion relative à l’organisation de ces sessions et la coordination des interventions ; qui surgit à chaque moment de l’enseignement et qui pourrait complexifier des tâches pour les enseignants. IL serait donc beaucoup plus adéquat de laisser « tranquilles » les élèves de la remédiation continuer leur processus acquisitionnel avec leur professeur durant l’explicite ; ce qui pourrait donner un Sens à l’apprentissage.

                              Départ des élèves « remédiés » : moment émouvant !

 

    – des leçons chronophages en explicite !

Les séances d’enseignement explicite sont longues et chronophages, et présentent des difficultés didactiques, car elles demandent beaucoup de préparation de la part de l’enseignant, une structuration précise et la prise en compte de l’hétérogénéité des élèves. Quelques étapes de la leçon de lecture compréhension par exemple ; dévorent plus de temps dans « la discussion informelle » et lorsque on y rajoute le temps consacré à la charte de classe le temps didactique s’en trouve réellement menacé ; ce qui altère le bon déroulement d’une leçon où les compétences spécifiques se voient « gênées » par des tâches superflues.

   L’enseignement explicite ; donc ; nécessite une planification rigoureuse pour structurer les leçons, prévoir des exemples clairs et des exercices progressifs, ce qui demande beaucoup de temps à l’enseignant en amont. Il ne faut pas perdre de vue également que la difficulté ne vient pas seulement du contenu, mais de la complexité des compétences mobilisées. Par exemple, en écriture, un élève doit mobiliser simultanément la grammaire, le vocabulaire, l’orthographe et la ponctuation. Et prise en compte de l’hétérogénéité ; L’enseignant devrait adapter son approche aux besoins de chaque élève. L’enseignement différencié, qui s’appuie sur l’enseignement explicite, vise à aligner le contenu, les méthodes et l’évaluation sur le niveau, les intérêts et le mode d’apprentissage de chaque élève, ce qui complexifie la tâche du professeur dont on exige aussi de préparer des gabarits d’examens oraux et écrits très épuisants sans oublier les souffrances d’une correction codifiée qui ne ressemble en rien à celle des établissements classiques.

    A tout cela, s’ajoute un temps important de la gestion du bruit et des distractions. Un environnement bruyant peut nuire à l’intelligibilité de la parole, ce qui est problématique pour une pédagogie qui repose sur la transmission d’informations et de consignes claires : le professeur ainsi ; est souvent condamné à une interminable course haletante contre la montre !

un enseignant dépourvu d’initiative

L’enseignant ; à notre avis ; dans l’établissement pionnier est devenu comme un imam lisant un sermon préparé à l’avance pour la prière du vendredi, ayant été dépourvu de toute initiative et de toute innovation. La didactisation de l’explicite en lui-même ne laisse plus aucune marge de manœuvre pour l’enseignant de se démontrer. L’ordonnancement rigoureux de la didactisation peut réduire les marges de manœuvre de l’enseignant, qui doit suivre une approche très structurée et pré-planifiée, et rendre plus difficile l’adaptation aux besoins individuels des élèves. Les leçons de l’explicite laissent donc ; peu de place à des improvisations.

 

-arrivée tardive des drives relatifs aux leçons : une fatigue de plus pour un enseignant déjà accablé…

Cette situation, souvent rapportée par les enseignants du projet Pionnier au Maroc, constitue un défi logistique majeur qui impacte directement la santé mentale et l’organisation pédagogique. Cette inquiétude demeure fortement justifiée par le retard dans la mise à jour des “drives” (plateformes de partage des ressources numériques) qui oblige les enseignants à préparer leurs leçons à la dernière minute, souvent tard le soir ou tôt le matin. Nous savons bien que l’approche (tarl) et l’enseignement explicite demandent une préparation rigoureuse. L’absence de supports prêts à l’emploi en temps voulu transforme une méthode censée être facilitatrice, en une source de stress supplémentaire ; une charge de travail accrue qui nous a absolument condamnés au burnout.

-des livrets qui tardent toujours à arriver

   Il est tout à fait compréhensible que ce retard suscite de l’inquiétude. Dans un système éducatif moderne, le livret (manuel de l’élève) n’est pas qu’un simple support papier ; nous le considérons comme la colonne vertébrale de la progression pédagogique. Lorsqu’il manque à l’appel, cela crée un déséquilibre qui affecte autant l’enseignant que l’élève. L’enseignant ;donc ; se trouve obligé de gérer une classe où certains ont le support visuel et d’autres ne l’ont pas, ce qui fragilise la cohésion du groupe ; car le livret est conçu selon une ingénierie pédagogique précise,. son absence peut entraîner une perte de repère visuels qui rendrait la mémorisation plus difficile. Il ne faut perdre de vue que sans livret, l’élève ne peut pas retravailler une leçon à la maison ou anticiper le cours suivant. Il devient totalement dépendant de ce que l’enseignant écrit au tableau. Autrement dit ; on assiste à une perte d’autonomie ; hélas !

   De même ce qui s’annonce clair ; c’est que cette absence de supports imprimés entraine aussi une fatigue inutile qui oblige l’élève à consacrer toute son énergie à l’acte moteur d’écrire plutôt qu’à la réflexion ou à l’analyse du contenu. On réduit donc ; le temps d’apprentissage effectif au profit de la simple transcription. L’enseignant que nous sommes en avons beaucoup souffert en terme d’un certain nombre de documents imprimés à nos propres frais lorsque les moyens limités de l’établissement ne le permettaient pas (panne de photocopieuse ; illisibilité…etc). Enfin ; faut-il encore signaler que l’absence des exercices standardisés du livret pourrait rendre difficiles l’acte d’évaluation.

 

*les activités parascolaires : une modalité de mise en œuvre qui prête au rire et à pleurer.

Après la formation de la 1ére semaine de novembre 2025 sur les activités parascolaires (domaines tout confondus) ; on a commencé le 1er cours le 22 novembre. Mais ; un problème très pertinent s’impose alors. Avec trois classes ; comment créer des conditions spécifiques à un nombre d’élèves qui dépasse 40 par classe ; la taille de groupe idéale recommandée pour les ateliers d’improvisation étant (environ 25 élèves), il faudra donc adapter la méthodologie devant un déluge d’apprenants. En collaboration avec le surveillant général ; et en présence des élèves des trois classes concernées ; nous nous sommes mis d’accord sur la méthode suivante :  un samedi soir pour chaque niveau en permanence. Cette méthode qui ressemble à un travail « à la six quatre deux » demeure insatisfaisant ; surtout qu’elle ne pourra jamais nous aider à préparer un groupe solide pour participer aux compétitions régionales et nationales comme on nous l’avait expliqué pendant l’atelier de formation précité !.

 

 -autres inconvénients de travailler avec trois classes en alternance

 

Il y a des classes que je n’ai pas vues personnellement qu’une seule fois durant tout un semestre pour diverses raisons. C’est une situation particulièrement frustrante, autant pour l’intervenant que je suis ; que pour les élèves. Quand on ne voit une classe qu’une seule fois en plusieurs mois, on sort du cadre de l’enseignement pour tomber dans celui de l’événementiel. Cela engendre sur le plan pédagogique un certain nombre d’inconvénients tels que :

– L’absence de continuité pédagogique

L’apprentissage repose sur la répétition et la consolidation. Sans régularité, le cerveau ne peut pas transférer les informations de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme.

-L’effet “Table rase” : À chaque séance, je dois recommencer à zéro car les élèves ont oublié les consignes, les outils ou les concepts vus la fois précédente.

-Impossibilité de bâtir un projet : on ne peut pas mener de projets complexes qui demandent une progression par étapes.

-L’érosion du lien relationnel

Le parascolaire repose énormément sur la motivation intrinsèque et la complicité entre l’adulte et l’enfant ; chose qui s’anéantit à cause de la longue « absence ». Ceci rend aussi difficile de retenir les prénoms et de connaître les besoins spécifiques de chaque élève. Encore faut-il ajouter que les élèves vous perçoivent –la situation échéante- comme un “visiteur” plutôt que comme un enseignant référent, ce qui peut mener à un relâchement de la discipline ou de l’engagement. Et c’est ce qui a été malheureusement constaté ; des élèves –même nous ont avoué franchement qu’il considéraient ce samedi-là comme une sorte de récréation améliorée.

En conséquence de tout ce qui précède ; évaluer dans ces conditions devient un exercice presque fictif ; et c’est ce qu’on va expliquer plus loin dans ce rapport.

modalité de compter la note des activités parascolaires : une pénalisation pour les travailleurs en classe.

     Les points attribués aux activités parascolaires, théoriquement limités entre 0.25 et 1 point, sont ajoutés directement à la moyenne générale de l’évaluation continue relative au semestre, ce qui constitue une injustice envers l’étudiant assidu. Prenons l’exemple suivant : un élève A obtient une moyenne générale de 15.32 tandis qu’un autre élève B obtient 15.20 c’est-à-dire une moyenne moins performante que celle de l’élève A . Mais en rajoutant un point des activités parascolaires à l’élève B ; il aura une moyenne de 16.20 ; et si on rajoute 0.75 à l’élève A ; il obtiendra 16.07 ; c’est-à-dire que sa moyenne générale sera moins basse que celle de son homologue qu’il devançait avant l’ajout des points afférents aux activités parascolaires ; ce qui semble être une sorte d’injustice à son égard. Car au fait ; l’on ne saurait pas valoriser la note de ces activités-là pour qu’elles prennent le pas sur l’évaluation continue dont l’importance est mise en évidence. Il faut donc ; repenser cette façon de calculer les choses dans les bulletins des élèves.

– un problème sérieux d’ordre juridique qu’il ne faut pas négliger

       Pour le volet des activités parascolaires ; tous les élèves d’une classe figurent sur la liste dans la plate-forme Massar ; sans exception. Mais il se trouve ; pendant les séances d’apprentissage en classe ; que des élèves étaient souvent absents ! comment évaluer par une note toute une classe entière dont la moitié presque était réellement absente. Juridiquement ; le fait de faire un faux témoignage en attribuant une note à un élève qui s’absentait pour aller je ne sais où (peut être allait-il commettre un crime en son absence) ; ne constituerait-il pas un danger sur l’enseignant ?

   A mon avis : si. Cette préoccupation est tout à fait légitime et touche à des points critiques de la déontologie et de la responsabilité civile et pénale de l’enseignant. Assigner une note à un élève absent n’est pas seulement un problème pédagogique, c’est un acte qui engage notre responsabilité.

Sur le plan strictement légal, un registre de notes ou un bulletin scolaire est un document administratif officiel. Attribuer donc ;  une note (qui suppose une évaluation de compétences ou de présence) à un élève qui n’a jamais franchi le seuil de ma classe peut être qualifié de faux en écriture publique.

Le code pénal sanctionne lourdement l’altération frauduleuse de la vérité dans des actes dont l’objet est de constater des faits. Si un élève est noté présent via une évaluation alors qu’il était ailleurs, cela constitue une preuve fallacieuse de sa présence sous la surveillance du professeur. Et c’est ici que réside le danger le plus immédiat. En tant qu’enseignant, j’ai une obligation de surveillance durant le créneau horaire prévu.

Si j’attribue une note à un élève, je confirme implicitement qu’il était sous ma responsabilité au moment de l’activité ; en cas donc ; d’accident ou de délit ; c’est à dire si cet élève commet un crime ou est victime d’un accident à l’extérieur pendant mon cours, et que mon carnet de notes indique qu’il était évalué par mes soins, je me mets en position de complicité passive ou de faute professionnelle grave. Les autorités se retourneront contre moi ; en conséquence ; pour savoir pourquoi j’ai attesté de la présence d’un individu qui était dans la nature. Et là ; c’est l’enseignant que je suis qui allait en payer les pots cassés.

   Pour éviter toutes ces défaillances relatives à la pratique des activités parascolaires ; nous proposons d’instaurer d’abord ; des conditions de faisabilité pouvant contribuer à la réussite de la vie scolaire au collège ; combien importante ; d’ailleurs.

Il est fortement recommandé de diviser chaque classe en groupes plus petits (par exemple, 2 ou 3 sous-groupes de 15 à 20 élèves) ; comme nous le faisions depuis une vingtaine d’années. D’ailleurs ; une expérience dont nous avions déjà éprouvé les effets positifs sur nous-mêmes avec nos élèves lors d’un long programme avec l’UNICEF* (1) ; était très rentable à ce sujet. Cette méthode-là ; favorise l’écoute active, la prise de parole et l’interaction entre participants, des éléments essentiels des activités parascolaires.

Il faut dire aussi qu’un seul enseignant ou animateur aura des difficultés à gérer 40 élèves en improvisation ou en rhétorique. La présence de co-animateurs, d’assistants ou d’autres enseignants est cruciale, surtout si les classes sont divisées en sous-groupes. D’ailleurs le ministère de Berrada a déjà parlé de contrats avec des groupes de la société civile à ce sujet.

L’espace adéquat demeure un facteur déterminant pour pratiquer efficacement ces activités dans des locaux suffisamment grands (salles polyvalentes, gymnases, espaces ouverts) où les élèves peuvent se tenir en cercle sans être à l’étroit. Là ; le problème de la structure éducative de l’établissement est crucial.

  *L’administration exige d’attribuer un jugement pour les élèves qui n’ont pas pu assister au post-test d’il y a trois mois environ !

     A notre modeste avis ; cette situation est symptomatique d’une gestion administrative qui privilégie la conformité informatique (remplir les cases de Massar) au détriment de la réalité pédagogique et de la sécurité juridique.

Demander une évaluation “rétroactive” pour des élèves absents il y a plusieurs mois est une pratique risquée et irrégulière. C’est vrai qu’on peut parler ici d’une “dictature” algorithmique (Massar) :

Le système Massar est conçu de telle sorte que si une case est vide, la moyenne générale ne peut pas être calculée et l’administration s’en trouve bloquée. Cela veut dire aussi qu’on ne demande pas à l’enseignant d’évaluer des compétences, mais de fournir une “donnée technique” pour débloquer un logiciel ; au détriment d’un grand défaut commis : la saisie de données fictives.

Là ; et supposant un cas d’audit ; si mon inspecteur demande les preuves (les post-tests) sur lesquelles se basent ces jugements A-B-C, et que je ne peux rien présenter pour une partie de la classe, c’est ma crédibilité professionnelle qui est engagée !

Personnellement ; j’ai immédiatement refusé lorsque le directeur m’a demandé de remplir les cases des élèves concernés. Je lui ai répondu ainsi : « attribuer une note au hasard (ou une note “moyenne” par défaut) pénalise les élèves qui étaient présents et qui ont travaillé, tout en récompensant l’absentéisme » !. A notre avis ; c’en est une autre brèche pédagogique à combler l’année prochaine, car les codes convertis en notes par Massar dans ce post test qui compte 20 pourcent de la moyenne générale ; a « gonflé » les notes des élèves ; surtout paresseux ; de manière exagérée. 

 

* Arrivent la passation des contrôles de la période 1: l’enfer c’est… l’autre

     -un calendrier qui témoigne d’un travail bâclé

       A peine eûmes-nous- reçu le feu vert d’élaborer le contrôle écrit de la part de notre inspecteur pédagogique qui nous a confiés la conception des trois contrôles écrits relatifs à la période évaluative vers la fin du mois de décembre ; que nous y entamâmes une réflexion sérieuse malgré quelque implicature communicationnelle au niveau ministériel dont nous parlerons par la suite. 

      Sur ces entrefaites ; notre groupe – et pour nous épargner la peine d’une mauvaise surprise inattendue ; et en prenant au sérieux le conseil de notre inspecteur de ne pas compter sur des notes ministérielles qui pourraient contrecarrer nos plans comme un soldat qui change ; soudain; son fusil d’épaule- nous nous réunîmes le 25 décembre ( voir photo) pour concertations sur les unités ; les séances assurées et les critères du descriptif évaluatif.

    -un grand effort pour une meilleure élaboration des contrôles

    Partant du principe que l’élaboration d’un contrôle écrit doit suivre un descriptif évaluatif bien précis avec des codes bien déterminés ; en vue de la réalisation d’un travail bien fondé et basé sur une imagination collective éclairée par une démarche pédagogique structurée ; nous avons conçu des travaux individuels ad-libitum pour une meilleure contextualisation relative à des séances ; disons ; quelque peu atypiques en termes de décalage entre collègues et collèges ( les uns sont à la 4ème séance tandis les autres sont en train d’entamer la 2ème…) ; lesquels travaux mis ; par la suite ; à une discussion collective en distanciel.

    Le souci ; donc ; reste d’assurer une évaluation standardisée et transparente afin d’assurer un équilibre des chances entre tous les apprenants et une évaluation logique et peut être longitudinale à partir des résultats en découlant.

– des notes ministérielles bizarrement contradictoires !

   Au début de la semaine ; le ministère de l’éducation informe les profs -via une circulaire- que les services centraux seront responsables d’élaborer les examens de fin de période dans les collèges pionniers. Juste après ; une nouvelle note ministérielle vint évincer son antécédente (le 27-11-2025) !…

Cette situation de contraste inacceptable reflète probablement un manque de coordination ou une divergence d’interprétation des rôles au sein du système éducatif marocain avec le projet « d’Arriyada », créant une confusion regrettable pour les enseignants. A notre avis ; cela signifie que ce projet-là ; lui-même ; fait toujours l’objet de débats sur ses méthodes et son fonctionnement…

De même ce qui s’annonce clair ; c’est que le fait de demander aux enseignants (dans la 1ère circulaire) de « faire vite pour venir à bout des apprentissages fondamentaux avant le 2 décembre » ; relève de ce qu’on pourrait appeler : «une Pédagogie Sacrifiée au Profit du Calendrier’ ; hélas !. Car ; fixer une date butoir stricte (“avant le 2 décembre”) pour finir les acquisitions de base, sans tenir compte ni du temps réel disponible ni des obstacles imprévus (formations, jours fériés ; maladie), force l’enseignant à “faire du programme” au détriment de “faire apprendre efficacement”.  Et cette course haletante contre la montre empêchera : La consolidation des acquis ; la capacité de l’enseignant à s’attarder sur les difficultés spécifiques de certains élèves et le poussera certainement à survoler les sujets ; chose qui demeure complétement anti pédagogique.

Ce travail bâclé ; a visiblement gêné et l’administration et l’enseignant qui s’est vu obligé de devenir un « fait-tout » pour s’adjuger d’autres tâches qui ne lui appartiennent pas ; et ce dans un souci de venir aussi en aide à une administration complétement débordée de travail.

Lors de ces 1ers contrôles ; le prof fait tout : l’administration était  trop occupée

Pression verticale ; oblige.

Prière ; donc ; à l’honorable ministère de bien prendre ceci en considération ultérieurement afin d’éviter une pression injustifiée sur les enseignants. Finalement ; la gestion saine de cette période sensible des évaluations ; nécessiterait désormais ; surtout une communication plus flexible et adaptée.

Note ministérielle ‘empressée’ qui demande aux enseignants d’accélérer pr terminer le cours avant le 25-11-2025 ! (prof responsable d’élaborer l’examen)

 

 

Autre correspondance ‘contredisant’     concertations et embarras sur l’examen

 la première susmentionnée

 – la saisie des compétences : « un éléphant ça va ; une éléphante ; bonjour les dégâts »

Après une pénible correction qui ne ressemble en rien à celle des collèges « traditionnels » non pionniers ; vint immédiatement une période où le professeur était amené à saisir un nombre interminable de compétences sur Massar (environs 4600 compétences en français) !.

Le trop de saisie des oraux par l’enseignant ; ne pourrait-il pas nuire à sa bonne rentabilité en classe pendant l’explicite ? Une question que nous avons posée dans un long article journalistique après la fin de la 1ère période. En fait ; cet excès de saisie reste à la mesure d’une perte de temps d’enseignement ; car à notre modeste avis ; le temps consacré à des tâches administratives, comme la saisie de notes détaillées pendant ou immédiatement après une activité orale, réduit le temps disponible pour l’interaction directe avec les élèves, la modélisation, la rétroaction immédiate et l’enseignement explicite de nouvelles notions. Il est un autre inconvénient qui se présente à partir de l’interruption du flux pédagogique du moment que cette saisie exagérée est capable d’interrompre la dynamique de la classe. L’enseignant pourrait être

moins disponible pour observer l’ensemble des élèves, gérer la classe ou ajuster son enseignement en temps réel… Bref ; avec cette opération qui fait de l’enseignant « un agent de saisie » ; j’avais ; personnellement à un moment donné de mon travail ;l’impression; que les rouages de “la machine école” ressemblaient à un moteur à grande fumée et à des croies roulantes ; mais avec des roues noyées dans la boue !

 – Salle des profs : une salle déserte depuis le début de l’année !

Légitime serait de dire que l’arrivée du projet pionnier dans notre collège a eu des répercussions très négatives sur la vie scolaire      (une seule activité parascolaire jusqu’au moment de la rédaction de ces lignes ; contre 23 activités l’année précédente). Mais aussi ; il y a un constat assez mélancolique à ce sujet que beaucoup d’enseignants ressentent avec l’arrivée de nouveaux outils de gestion numérique exagérée : la dématérialisation du lien social. Ce dernier se traduit par une salle de professeurs tout à fait déserte ; une perte de sens provoquée surement par l’isolement excessif devant l’ordinateur et par d’autres tâches jugés inutiles. Cette salle ; qui assurait à l’enseignant une accalmie momentanée dans le carnage de ce rythme scolaire vertigineux ; est devenue un poumon menacé.

Tous les collègues ; surtout les anciens du métier ; regrettent un bel espace de régulation émotionnelle qui leur permettait une décharge de pression ; mais aussi un espace où moult projets

Interdisciplinaires naquirent de manière informelle. Avec le projet pionnier ; hélas ; l’enseignant se retrouve seul face à ses difficultés loin des “discussions chaleureuses” d’autrefois. Notre salle à nous s’automatise ; et la camaraderie n’y est plus.

 

 

* Les contrôles de la période 2: les difficultés s’accentuent et tout va de guingois et de travers.   

    – D’abord ; un degré de classification à l’échelle de   « Berrada/Richter » !

       A un moment où tous les acteurs du corps administratif et pédagogique essaient de se ressaisir des maux consécutifs à un long travail d’endurance sur les tests ; les contrôles ; la saisie …etc. ; le ministère de Mr Berrada a « bien choisi l’instant » pour « récompenser » ces gens-là pour les fruits de leurs efforts !

Cela découle d’une ingratitude sévère pour créer une rupture psychologique et professionnelle profonde. C’est du pur sadisme que de vouloir endurer la souffrance des autres ; sous prétexte qu’ils n’ont pas été « performants ». Et contemplez -s’il vous plait- le moment de la déclaration : l’annonce des résultats du label au début de l’année scolaire demeure un choix stratégique malheureux ; c’est une démobilisation immédiate, car recevoir une réponse négative ou voir son école “délaissée” dès la rentrée ; brise la dynamique de groupe. Au lieu de commencer l’année avec enthousiasme, les enseignants des écoles non retenues se sentent d’emblée exclus d’un processus de reconnaissance. Cette ségrégation évoque un sentiment d’injustice territoriale et humaine ; surtout lorsqu’on sache que la labellisation repose souvent sur des critères matériels (état des locaux, équipements numériques) ou des scores de tests qui ne reflètent pas toujours l’effort réel fourni par l’enseignant. Un enseignant en zone rurale enclavée peut fournir un effort triple pour des résultats modestes, sans jamais être “primé”. N’est-ce pas ?!

Ni la prime ; donc ; ni le moment de la déclaration de la labellisation n’étaient bien calculés ; parce qu’l s’agit là ; d’un facteur de division par le biais duquel le ministère a transformé la motivation pédagogique en une compétition financière ; voire une espèce de spéculation. Cela a créé des tensions entre collègues d’établissements voisins, et au sein d’une même circonscription.   Et lorsque vous dites à ceux qui n’ont pas été retenus ; « vous ne méritez pas l’appellation d’excellence” » ; vous ignorez tout simplement les sacrifices de milliers d’enseignants qui innovent chaque jour sans le cadre (et les moyens) des écoles pionnières.

Il ne faut pas oublier l’inconvénient de l’effet “Pygmalion” inversé. En désignant certaines écoles comme “leaders” ; on risque de décourager les autres, qui finissent par se désengager du processus de réforme globale ; ce qui s’avère être dangereux avec des enseignants et des administrateurs blessés en quelque sorte dans leur Ego professionnel.

En définitif sur ce point ; peu importe l’intention même si elle était de créer une émulation, le résultat ressemble davantage à une fragmentation du corps enseignant. Le sentiment d’injustice est d’autant plus fort pour les profs de français qui, comme nous le disions, portent une charge de saisie et de remédiation souvent supérieure.

Degré de classification des établissements à l’échelle « Berrada Richter »

    – l’approche du 2ème contrôle et des notes officielles tout à fait contradictoires : une autre pression injustifiée sur le prof.

   Ce cauchemar déjà vécu le 27 novembre 2025 lors des premiers contrôles ; récidive encore une fois ; hélas ! laissant l’enseignant seul face aux vastes déserts brumeux de l’imprécision.

L’imprécision suscitée vient d’emblée d’une contradiction flagrante des notes et des correspondances envoyées à ce sujet :

 ֎Selon le ministère : ce sont les services centraux qui seront chargés de l’élaboration de l’examen normalisé de la 3ASC qui auront lieu le 19 et le 20 janvier ; tandis que le groupe pédagogique de chaque établissement concevra les examens de la 1 et la 2 ASC qui auront lieu le 21 et le 22 du même mois. «(voir la note ci-après).

 ֎Selon MR l’inspecteur pédagogique : « Il vaut mieux agir quand le temps est à notre faveur et non dans la pression et l’urgence » ; a- t-il partagé dans le groupe des pionniers. Ainsi a-t-il proposé

 le 9 ou le 10/ janvier/ 2026 pour la passation du 2ème contrôle de la 1 et la 2 ASC dont il a confié cette fois la conception à deux autres établissements. Le 19 ou le 20 janvier 2026, seront consacrés pour les 3ASC ; et là ; chaque établissement devrait concevoir son propre examen local.

֎Selon une correspondance partagée par le directeur du collège ; la même semaine : les enseignants seront responsables de l’élaboration de deux exemplaires différents relatifs à l’examen local qu’ils enverront de retour (via WhatsApp) ! ! (voir la photo).

֎Que signifie cette situation de contraste susmentionnée ?

Il faut se mettre d’accord qu’elle est inacceptable ; et reflète un manque de coordination ou une divergence d’interprétation des rôles au sein du système éducatif marocain à l’ère pionnier, créant une confusion regrettable pour les enseignants.

La note (officielle) ; souvent non tamponnée du ministère ; établit la procédure standard et centralisée pour garantir l’uniformité et la qualité des examens dans le cadre du programme des “collèges pionniers”. L’objectif de ce programme, lancé dans le cadre de la feuille de route 2022-2026, est d’améliorer la qualité de l’éducation de base en standardisant les pratiques pédagogiques certes. Mais ce contraste saillant en une seule semaine ; a complétement déconcerté tout le monde ; surtout le prof. Il faut trancher dans la décision des sujets d’examens pour les matières principales, surtout ; à l’approche des passations pour éviter toute mauvaise surprise à ce stade de l’évaluation formative face à un temps pédagogique impitoyable.

Pour ce qui est de la demande des inspecteurs aux enseignants d’élaborer eux-mêmes tous les examens ; cela pourrait découler d’une interprétation différente des responsabilités, d’un problème de communication sur les délais, ou d’une initiative locale visant à donner plus d’autonomie aux équipes pédagogiques. Les inspecteurs ; en, général ; ont pour mission d’évaluer les aspects pédagogiques et d’apporter des informations aux décideurs sur l’état du système, mais ils opèrent certainement sous l’autorité du ministère.

   A notre modeste avis ; ce contraste d’instructions met en lumière

un problème de communication entre les différents niveaux hiérarchiques (administration centrale, inspection, établissements) ; mais pourrait ; plus tard si ce problème se répète ; engendrer des tensions potentielles autour de l’autonomie des enseignants par rapport aux directives centralisées. Cela démontre aussi que ce projet des pionniers lui-même fait l’objet de beaucoup d’insuffisances sur ses méthodes et son fonctionnement. Constatez enfin ; que l’enseignant devrait en un délai record ; élaborer ; passer ; surveiller ; corriger et saisir trois niveaux entre le 19 et le 24 janvier ; à moins qu’il (préfère) emmener les copies des élèves avec lui en (vacances) !!?                                         

֎Un mot sur la communication cybernétique (WhatsApp)

    Nous pensons que la communication des documents administratifs et pédagogiques est complétement « dénaturée ».

La source des correspondances doit être officielle et documentée par une note de service portant le sceau du ministère de tutelle,

identifiant clairement l’autorité émettrice. C’est un véritable chaos en matière de communication administrative de nos jours avec les collèges pionniers : On passe d’un message vocal à un message écrit, comme si l’on naviguait sur Instagram. Et pourquoi utiliser le français au lieu de la langue officielle du pays ; comme s’en est le cas dans quelques documents récents relatifs au soutien scolaire prolongé ? C’est à la fois absurde et déroutant ! si cette méthode accélère l’information, elle ne respecte pas en revanche les normes de la hiérarchie administrative et expose les agents à des risques de désinformation ; ce qui nuit à sa force exécutoire. Nous pensons ; donc ; que le scepticisme de nos collègues à ce sujet lors des contrôles écrits passés ; est très bien fondé.

*retour sur la modalité de passation du normalisé dit « national » et sur une correction « surréaliste » proposée.

 

 – A propos de la visite d’un comité régional ; au collège

Un comité pédagogique régional a effectué une visite au collège vers le 20 novembre 2025 pour s’enquérir de la situation d’apprentissage après deux mois de travail dans un collège nouvellement adhéré au projet pionnier. Le comité est arrivé vers 12h45 minutes ; et par conséquent ; les enseignants qui l’attendaient avec impatience ; furent complétement déçus de ne pas avoir eu l’occasion de la rencontrer ; car ; à 14hs ; les membres du comité étaient déjà partis.

Certes, le comité ne peut pas se contenter de statistiques chiffrées fournies par l’administration lorsqu’il visite l’établissement pour évaluer le projet et son état d’avancement. Une évaluation complète et efficace du projet doit combiner des données quantitatives (statistiques et résultats numériques) obtenues auprès de la direction. Mais aussi des données qualitatives (observation directe, entretiens, retours des parties prenantes) nécessitant une présence sur le terrain et une expérience pratique.

Se fier uniquement à des données numériques constitue une évaluation incomplète et peu fiable à notre modeste avis.

 Une évaluation efficace requiert l’observation directe des salles de classe, le suivi de la manière dont les enseignants interagissent avec les élèves, de leur utilisation des outils pédagogiques et de la mesure dans laquelle ils appliquent la formation reçue. Il aurait été beaucoup plus adéquat d’écouter les enseignants ; les élèves pour obtenir des retours d’information sur les difficultés que nous avons étayées dans les paragraphes antécédents ; sans oublier de recevoir des suggestions de la part des professeurs qui ont considéré l’arrivée du comité comme une visite de passage ; hélas !

  – Les controles 2 et le normalisé dit « national » : une erreur d’estimation ; coûteuse.

    Le format d’examen normalisé est centralisé cette année avec de multiples processus décisionnels de passation. Cela veut dire que le normalisé vient de Rabat selon un format national unique. Certains établissements l’ont reporté en raison des conditions météorologiques difficiles et inadaptées.

 Cette décision de reporter les examens tandis que d’autres les ont maintenus à Azilal ; avait soulevé des questions de crédibilité et d’application du principe d’égalité des chances ; un parmi d’autres inconvénients potentiels. Les élèves qui n’ont pas ; donc ; passé l’examen ; bénéficieraient d’un avantage temporel et psychologique même si les épreuves n’ont pas fait l’objet d’une fuite officielle. (Notons ici ; qu’au lendemain de la publication de notre article sur ce sujet ; la fuite au primaire ; a été annoncée officiellement par le ministère).

Nous avions mis garde contre le fait que le simple partage de questions ou des thèmes abordés entre pairs via les plateformes numériques ; leur confère un avantage indu. Malheureusement ; notre mise en garde précoce émanant d’une subtile intuition pédagogique ; fut reçue par « des portugaises ensablées ».

Une certaine flexibilité ministérielle tant demandée ; aurait pu être mise en place permettant à chaque académie ou direction d’organiser ses propres examens en fonction de sa situation particulière et conformément au principe de la régionalisation avancée. Et le scandale aurait pu être évité.

Il s’avère nécessaire de signaler enfin ; que le format d’un normalisé unifié à l’échelle national associé aux modalités de passation et autres contingences imprévues ; ont provoqué des   perturbations organisationnelles ; produisant ainsi ; des résultats ne reflétant pas les véritables aptitudes des élèves. Cette manière de travailler à l’aléatoire ; a entrainé potentiellement ; une surévaluation artificielle des notes. Nous estimons que ceci nuira inévitablement à la crédibilité du processus éducatif dans le cadre de ce projet pionnier. Insister ; alors ; sur l’unité » face à la «disparité» ; sur le terrain ne sert pas le projet pionnier ; mais le transforme plutôt en une procédure administrative formelle qui manque d’équité et de crédibilité pédagogique. Les récents examens se sont déroulés vraiment ; sous un processus intitulé «contrôles empreints de froideur et d’obscurité » et des critères de correction surprenants et étranges pour les matières fondamentales.

Reporter les examens à cause de la finale de la CAN et éviter de les reporter à cause des conditions climatiques rigoureuses : une forme d’hypocrisie pédagogique ?

   En coïncidence avec cette finale-là ; d’importantes chutes de neige ont recouvert plusieurs zones d’Azilal bloquant la plupart des cols et de routes d’accès aux écoles pionnières situées au centre-ville.  Malgré cela ; ni les cellules de vigilance provinciales ni les autorités centrales n’ont publié de communiqué ou d’annonce à ce sujet ; bien que la situation ait été cruciale pour les élèves et les enseignants. Les observateurs ont qualifié ce comportement de « hypocrisie pédagogique » ; ou du moins de contradiction avec les valeurs que le projet s’efforce de promouvoir.  Car ; le transport scolaire a été confronté au verglas sur la route reliant l’école à certains villages voisins ; et la température dans les salles de classe était insupportable pour de nombreux candidats. Il convient de mentionner qu’un enseignant a glissé dans les escaliers menant au centre d’examen le matin du 20 janvier et a failli se fracturer le coude.  C’est regrettable de constater que les formalités organisationnelles sont privilégiées au détriment de la sécurité humaine.

Passation matinale des examens. On       là où un collègue des maths avait glissé

Dirait ; la nuit !

   Accorder aux établissements le droit de gérer leurs propres affaires ; peut parfois être considéré comme une « gestion de crise » improvisée. Dès lors ; une autonomie « temporaire « des établissements pendant les examens standardisés devrait être envisagée sans attendre un feu vert tardif. Les conditions de transport des élèves de Hay Riyadh à Rabat ne sont pas les mêmes que celles des élèves des villages de Tissa ou mizzaden au Grand Atlas Central ; entre autres !.

-Une méthode de correction étrange a été mise en place pour corriger le normalisé d’arabe et de français et en « extraire » la note d’un 2ème contrôle fictif !! »

   Les correcteurs (français et arabe) ont sué sang et eau pour pouvoir corriger plus d’une centaine de copies. Ils ont dû passer d’une correction fluide à une gymnastique mathématique pour chaque copie ; ce qui a transformé une tâche déjà lourde en un véritable parcours du combattant. La méthode proposée de Rabat est malheureusement ; néfaste et énergivore. Voici comment la pénible correction s’est-elle effectuée :                                             Une seule copie parmi une centaine nous a coutés plusieurs minutes de précision. La charge cognitive et temporelle imposée au correcteur n’a pas été prise en considération. Pour nous ; il y avait d’abord la rupture du rythme de correction ; car on devrait systématiquement identifier visuellement les questions à ignorer ; recalculer le total partiel manuellement. Ensuite ; sortir la calculatrice pour appliquer la soustraction et le coefficient ×(1,25) ; puis ; reporter la note finale .Nous doublions ; voire triplions le temps de traitement par copie. Sur un lot de 100 copies par exemple, c’est une perte de plusieurs heures. Cela ; sans compter le risque d’erreurs de report ; le cerveau humain n’est pas fait pour répéter 100 fois un calcul de tête avec des décimales sans faire d’erreur d’inadvertance ! Cette opération génère un stress supplémentaire.

Il est un autre aspect étrange de cette correction-là qui vient du fait que l’effort fourni est ignoré : Un élève qui a passé 20 minutes à répondre parfaitement aux questions “jaunes” voit son travail simplement annulé. Nous ne l’avons pas pénalisé de la sorte ? je pense que si ; surtout que cet élève a perdu du temps sur des points qui ne comptent plus, ce qui a pu le desservir sur les 16 points restants. D’ailleurs ; cette nouvelle manœuvre n’est pas passée sans problème ; car beaucoup d’élèves avaient présenté leurs réclamations sur une note inférieure à ce qu’ils ont obtenu lors du 1er contrôle qu’ils ont confondu –c’est normal- avec la note « fictive » extraite magiquement et étrangement de celle du normalisé. On aurait dû les y préparer au préalable via une réunion avant le jour des examens. Cela n’a pas été fait hélas !

  Bref mes amis ; nous avions passé des moments cauchemardesques avec cette « nouvelle façon de corriger » ; et cela donne l’impression d’un manque de préparation de l’examen au niveau central.

Passation du normalisé sous la forme de deux candidats par table: une nouvelle provocation de la question de la structure éducative qui entrave la coutume de « un seul élève par table »

   C’est pour la 1ère fois depuis très longtemps ; que nous assistons à ce genre de méthode en passation.

Cette méthode ; selon nous ; compromet le principe d’égalité des chances et la crédibilité des résultats individuels ; d’autant plus que ces notes reçues seront prises en compte dans l’évaluation continue. C’est accuser aussi le projet pionnier de la volonté d’un     «gonflage implicite des notes : dites que l’année est bonne » C-A-D    كولوا العام زين. Il faudrait accorder des points bonus aux élèves pour améliorer les taux de réussite. Que d’élèves ont exprimé leur ironie à l’égard d’une passation qui n’avait rien à voir avec « le sérieux » disaient-il ; d’autrefois. En conséquence ; la distribution des bulletins le 12 février 2026 a découvert une réalité sordide : Les élèves paresseux ont commencé à rivaliser avec les élèves assidus, et ont même obtenu des notes inattendues. Un apprenant qui ne se souciait jamais de ses cours et ne participait absolument pas aux activités de classe ; a eu bizarrement une moyenne de15,14 ! . Là aussi ; nous recommandons le retour à l’ancienne méthode habituelle pour mieux valoriser nos examens dans l’avenir.

   Sur cette question des examens de la 2ème période ; il est très important de signaler que les enseignants étaient à la fois au four et au moulin entre le 20 et le 22 janvier 2026. Car ; ils étaient obligés de corriger le normalisé ; corriger les copies des 1 et 2 ème ASC et surveiller les élèves de ces derniers niveaux entre le 21 et le 22 ; ceci à l’exclusion de la saisie qui les attendait après le dépouillement des copies avant l’arrivée du ’congé’ scolaire du 24 janvier !! incroyable ; non ! C’est ce qui a été fait hélas ; et l’enseignant pionnier a dû courir après deux lièvres. Vous pouvez donc ; imaginer la perte d’efficacité et le risque de tout manquer sous cette terrible pression physique et mentale vécue en un délai record.

   – Un mot important sur la fuite des examens au primaire

En faisant connaissance avec un directeur pionnier pendant ces dernières vacances de fin de semestre à Mly Yaakoub ; il m’a fait un petit calcul intéressant sur les pertes logistiques consécutives à la récente fuite : « Nous travaillons dans une école où le nombre d’élèves est de 171 au cours moyen 1ère année. Chaque élève avait reçu 5 copies relatives à l’examen de français et 6 copies relatives à celui de l’arabe. Faisons ce calcul », poursuit-il : une ramette de papier coûtant 50MAD contient 500 feuilles. Donc, 1881 MAD fois 6 (le nombre des niveaux dans une école primaire) ; ce qui donnerait une somme de 11286MAD gâchés pour une seule école. Si l’on considère les 4626 écoles au Maroc ; les pertes équivaudraient à 27 millions 756 mille Dirhams ; soit 2 775 600 000 centimes ; conclut-il sur un ton plein d’amertume !

   Ce qui est le plus grave c’est que l’argent utilisé pour réimprimer ces examens est soustrait au budget qui aurait pu servir à rénover des écoles ou à acheter du matériel pédagogique. Il ne faut pas perdre de vue qu’au-delà de l’argent, c’est l’ensemble de la chaîne de production qui doit être relancé, car les pertes s’accumulent sur les niveaux de l’encre ; de l’électricité… de la réputation; lorsqu’une fuite est avérée. C’est vrai comme stipule le proverbe : « On paie deux fois le prix de la négligence » des conseils et des suggestions des hommes de terrain ; et les enseignants vétérans.

   -Arrivent les vacances : nous permettre de ‘recharger les batteries’ ou nous traquer de nouvelles tâches ?!

Les conditions malencontreuses des lesquelles se sont déroulées les dernières évaluations ; ont empêché les profs de terminer leur travail à temps. Il y avait (comme mentionné ci—dessus) plusieurs collègues qui ont emmené la correction chez eux. Et comme « les malheurs ne viennent pas isolés ; mais en séries ou en bataillons entiers ; Massar ; encore une fois ; demande aux enseignants de remplir de nouvelles compétences : celles relatives aux activités parascolaires en addition à celles des contrôles écrits.

Cette situation nous a rappelé une citation de Paul Valéry : « Le repos n’est qu’un changement de fatigue » ; ce qui souligne que, même en congé, on reste l’outil de travail de quelqu’un d’autre.

   -Taux de saisie très faible et désobéissance

   La pression engendre sans doute ; l’explosion. Suite à ces travaux interminables de saisie exagérée ; une désobéissance se déchaîna à la nationale ; refusant inconditionnellement la saisie des compétences. C’est facile de constater que les malaises consécutifs au froid et à l’insatisfaction liée aux efforts inutiles d’un travail assumé ; exercèrent sur l’âme et l’esprit une pression insupportable. L’origine psychologique de ces malaises qui nous ont attaqués tous pendant cette période-là ; sont à notre avis ; un sentiment d’échec lié à des efforts perçus comme inutiles ou à une pression professionnelle écrasante. 

 En fait ; un travail assumé contre gré ou un sens du devoir poussé à l’extrême, provoque une tension psychique insupportable qui s’associe à une aggravation notable par le froid glacial durant l’hiver rude de cette année. Ainsi ; de très faibles taux de saisie ont été enregistrés dans presque toutes les régions ; notamment à Sidi Youssef Ben Ali et Guéliz où le taux de saisie était de zéro pourcent. La même remarque fut constatée dans les régions du nord du pays.

* Les syndicats interviennent avec une langue claire et nette

     Les syndicats alertèrent ; soudain ; sur ces dysfonctionnements qui ternissent l’enthousiasme initial lié à la réforme. Ils affirment dans communiqué que cela aura un impact négatif sur les élèves ; car « un enseignant fatigué et stressé par l’incertitude des supports peut involontairement impacter la qualité de la médiation pédagogique ». Le communiqué du 25 janvier 2026 a vivement critiqué le projet pionnier. Les cinq organisations les plus représentatives du secteur éducatif dénoncent une mise en œuvre jugée techniciste, déséquilibrée et porteuse de risques pour l’école publique, les enseignants et l’égalité des chances.

Les cinq syndicats dressent un constat sévère de sa mise en œuvre, pointant des dysfonctionnements qu’ils qualifient de profonds et structurels.

Selon le front syndical, la manière dont le projet est déployé sur le terrain soulève de nombreuses interrogations et met en lumière des déséquilibres qui affectent le cœur même de l’acte éducatif. Loin de produire les effets annoncés, le dispositif reposerait, d’après eux, sur une simplification excessive des apprentissages et sur une approche réductrice du processus éducatif, désormais ramené à des indicateurs chiffrés et à des outils techniques, au détriment de la dimension pédagogique, humaine et formative.

Les syndicats estiment que cette orientation contribue à affaiblir le rôle de l’enseignant, progressivement cantonné à l’exécution de consignes standardisées. Une logique qui, selon eux, nie la place centrale du professeur en tant qu’acteur pédagogique et partenaire dans la construction des savoirs. À cela s’ajoute une accumulation de charges supplémentaires imposées aux personnels : suivi numérique intensif, formations accélérées, multiplication des rapports, évaluations répétées et reprise des examens, sans contrepartie matérielle ou symbolique jugée à la hauteur des efforts exigés.

Autre point de crispation majeur : la priorité accordée, selon les syndicats, aux équipements, aux programmes et aux marchés, au détriment de l’investissement dans les ressources humaines et de l’amélioration des conditions de travail au sein des établissements. Cette orientation aurait pour effet d’accentuer les disparités entre les écoles, posant avec acuité la question de l’égalité des chances et de l’unité du système public d’éducation.

Les organisations syndicales reviennent également sur les perturbations ayant accompagné la mise en œuvre du projet, notamment la reprise des examens à la suite de fuites. Ces incidents, loin d’être de simples accidents techniques, seraient le symptôme d’un défaut de conception et d’exécution, marqué par la prédominance d’une gestion administrative et techniciste au détriment d’une vision pédagogique globale. Pour les syndicats, ce qui se joue aujourd’hui dans plusieurs établissements dépasse la seule question organisationnelle. Ils alertent sur un risque de perte de sens de l’acte éducatif, sur une dérive vers l’improvisation et la médiocrité, et sur une érosion de la confiance des enseignants comme de la société dans l’école publique, au lieu de la consolider comme vecteur de justice sociale et de progrès.

Dans ce contexte, les syndicats refusent toute généralisation de projets dits réformateurs, y compris celui des écoles pionnières, en l’absence d’une évaluation scientifique rigoureuse et sans une implication réelle des acteurs éducatifs et de leurs représentants. Ils tiennent le ministère et les responsables centraux du programme pour juridiquement, administrativement et moralement responsables des fuites d’examens observées dans certaines écoles primaires concernées, les reliant à l’abandon des circuits institutionnels classiques au profit d’outils informels comme les applications de messagerie ou le partage de fichiers en ligne, jugés insuffisamment sécurisés. Le communiqué rejette par ailleurs toute tentative de réduire les enseignants à de simples exécutants, submergés par des procédures d’évaluation et des opérations techniques éloignées des enjeux didactiques, et dépourvues de cadres de référence clairs permettant une lecture pertinente des résultats.

Les syndicats appellent enfin à une révision en profondeur du système d’évaluation, devenu selon eux un dispositif technique déshumanisé, et réaffirment leur attachement à une école publique unifiée, démocratique, gratuite et de qualité, fondée sur la valorisation du facteur humain, l’amélioration des conditions professionnelles et sociales, le respect des cadres réglementaires et la garantie de l’équité. Ils plaident pour l’ouverture d’un dialogue national sérieux autour d’une réforme éducative authentique, construite à partir des réalités du terrain et de l’expertise des enseignants, loin des logiques de pilotage vertical, des expérimentations imposées d’en haut ou des prescriptions émanant de cabinets d’études et de structures centrales. Les syndicats réitèrent leur rejet des dérives constatées dans la conception et le déploiement du projet des écoles pionnières et se disent prêts à engager toutes les formes d’action légitimes pour défendre la dignité des personnels éducatifs et la qualité de l’enseignement

                         Communiqué « pentatonique » sur les défaillances

 

– retard de distribution des bulletins : une situation anormale

   Suite à cette vague de boycott et à cette situation relative à un climat pédagogique très mouvementé en terme de relations crispées entre les deux corps éducatif et administratifs ; les élèves et leurs parents ont vécu de vrais moments de stress et d’incertitude. L’absence de bulletins jusqu’en février a créé un climat d’angoisse, empêchant d’évaluer le niveau réel de l’élève avant le second semestre ; déjà démarré ; hélas !

   Intéressant est de noter ; enfin, que dans un climat de tension extrême, les rituels institutionnels sont les premiers à tomber. Les enseignants estiment que l’outil (Massar) et la méthode (Pionnier) dénaturent leur travail, ils ignorent avec les administrateurs aussi ; en conséquence ; les instances de validation y compris les conseils de classe. Ces derniers n’ont pas été organisés que tardivement vers le 21 février 2026 ! (Le 4 Ramadan).

 – Juste après les vacances de fin de semestre ; un autre test à effectuer arrive !

   D’un point de vue pédagogique et organisationnel, imposer un test immédiatement après une période de vacances, et dans un contexte déjà tendu, peut être perçu comme excessif. C’est du “matraquage” évaluatif qui crée un effet d’entonnoir.

Pour l’enseignant ; cela réduit le temps consacré à l’enseignement pur (la transmission) au profit de la bureaucratie de l’évaluation.

*Le français : une matière matraquée par les tâches excessives !

   Ne faudrait-il pas rémunérer les enseignants de français plus que leurs homologues dans ce projet pionnier ?

   Une réclamation légitime : beaucoup de tâches pour les profs de français par rapport aux autres disciplines dans le projet pionnier surtout au niveau de la saisie des compétences qui sont plus nombreuses (4600 sans compter celles du parascolaire) ; Cette réclamation reflète un sentiment partagé par de nombreux enseignants de français au sein du projet des Collèges Pionniers au Maroc. La surcharge perçue s’explique par des spécificités techniques et pédagogiques propres à cette discipline dans le cadre de la réforme. Les facteurs de surcharge pour le français sont aussi traduits par une complexité de la saisie sur Massar :                                Le français dans le modèle pionnier est découpé en un nombre plus élevé de compétences et de paliers (lettre, syllabe, graphème complexe, fluidité, etc.) par rapport à d’autres matières. La plateforme Massar exige une saisie granulaire pour chaque élève afin de générer les groupes de besoins. Il y a aussi l’intensité de la remédiation Tarl qui pour le français, nécessite des tests de positionnement individuels fréquents. Cette évaluation “un à un” est plus chronophage que les évaluations collectives pratiquées dans d’autres disciplines.

   C’est un double parcours pédagogique pour un enseignant de français. Cette discipline propose souvent deux parcours distincts (rythmes d’avancement différents) selon le niveau de maîtrise, ce qui multiplie les préparations et les suivis administratifs pour un même groupe-classe. Bref ; à notre avis ; il faut nécessairement penser à un surplus salarial au profit des profs de français au vu de l’effort supplémentaire fourni par rapport au modèle classique.

 *Avant la fin : une remarque sur la réception de deux stagiaires dans ma classe.

Le centre régional de formation aux métiers de l’éducation et de l’enseignement propose d’envoyer les stagiaires aux différents collèges du village pour une mise en situation professionnelle càd; mettre en pratique ce qu’ils ont appris en théorie; dans l’exercice en classe réelle. Mais; le centre propose deux séances lundi et deux séances samedi seulement!. Cette période de pratique avec ce calendrier médiocre parait ; à notre avis ; trop insuffisant pour une mise en pratique efficace et une formation solide des enseignants. Autrefois ; au CPR; la pratique durait sept jours sur sept !!?

La transition des anciens Centres Pédagogiques Régionaux (CPR) vers les Centres Régionaux des Métiers de l’Éducation et de la Formation (CRMEF) a effectivement redéfini l’équilibre entre théorie et pratique. Il s’en suit un changement de rythme sur plusieurs niveaux : le système des CPR privilégiait une immersion longue, souvent perçue comme plus “solide” car elle permettait une répétition quotidienne des gestes professionnels. Aujourd’hui, les CRMEF appliquent un principe de formation par alternance.

   La limite du volume horaire réduit à deux demi-journées nous semble dérisoire pour stabiliser des compétences de gestion de classe complexes ; surtout avec ce projet pionnier. Quelques stagiaires que nous avons contactés ; à l’exception de ces deux collègues reçus au collège ; ont peur d’une difficulté de transposition qui les obligerait à peiner à appliquer la théorie en classe à cause du manque de temps effectif devant les élèves.

 Si l’ancien modèle (CPR) misait ; donc ; sur la quantité d’heures, le modèle actuel mise sur la réflexivité (comprendre ce que l’on fait), quitte à sacrifier le volume de pratique. Ce compromis reste ; à mon sens ; un “maillon faible” de la réforme. Et je le répète encore une fois ; en ne venant que le lundi et le samedi, le stagiaire perd le fil conducteur de la progression des élèves. Il devient un “intervenant extérieur” plutôt qu’un enseignant intégré ; ce qui s’annonce déjà grave, car on prive ainsi ; le stagiaire de l’expérience de la “durée” et de la répétition, essentielles pour forger l’autorité et le réflexe. D’ailleurs ; “On n’apprend pas à nager en regardant l’eau deux fois par semaine, il faut y être immergé.!  Voici une comparaison à contempler ; pour constater l’urgence de revenir à l’ancien système de stage où l’étudiant-professeur était amené à travailler toute une semaine complète en classe avant de rejoindre le centre :

 

Aspect

 

 Ancien CPR (7jours sur 7jours)

 

Module actuel: 4 séances par semaine!

        

           philosophie

Apprentissage par imprégnation et l’essai-erreurApprentissage par l’analyse. Théorie et alternance.
 

Relation/élève

Forte : on connait les noms ; prénoms et caractères des élèves…etc. 

Sujets d’études lointains

 

Maitrise de gestes

Rapide ; grâce aux automatismes répétitifs. 

Lente et anxieuse..

NB ; L’ENVOI DES DEUX STAGIAIRES FUT ANNULE POUR DES RAISONS NON CONNUES

 

 

 

 *Conclusion :

Personnellement ; Je ne peux rien ajouter à ce que les experts en éducation et en formation ont déjà dit sur ce sujet dans ce contexte de critique de quelques modalités de mise en œuvre relatives à la didactisation et surtout à l’évaluation ; dans les collèges pionniers. Comme mes collègues déçus cette année ; nous recommandons la nécessité de revenir sur la formule actuelle de « Maîtrise des Compétences » afin de permettre une concentration sur l’enseignement réel, corriger les déséquilibres pédagogiques, traiter les difficultés et utiliser l’approche différenciée ainsi que la pédagogie de l’erreur.

Il faut passer de la maîtrise des compétences à la documentation de l’évaluation, en réduisant le nombre d’indicateurs numériques et en s’appuyant sur des rapports diagnostiques ciblés qui mettent en évidence les points de difficulté et de progression, au lieu d’épuiser l’effort sur la maîtrise de parties isolées.

 Redonner de la valeur au jugement professionnel de l’enseignant, en lui accordant une plus grande latitude dans l’évaluation du niveau de maîtrise, demeure essentiel. Et au lieu de réduire l’évaluation à un simple clic mécanique ; il faut aussi réfléchir sur l’adoption d’une description qualitative des apprentissages complémentaire aux données numériques.

 « Massar » devra être aligné avec la logique Tarl et d’autres méthodes de soutien, en liant directement l’évaluation aux plans de soutien correctif, et en faisant des résultats de l’évaluation un point de départ pour prendre des décisions pédagogiques claires en classe, et non pas seulement une base de données centrale.

Il demeure nécessaire d’adapter un modèle d’évaluation progressif et simple dans un projet réel et efficace plutôt qu’un suivi continu intensif qui perturbe le déroulement des apprentissages et surcharge l’enseignant. Il doit s’agir aussi de permettre l’adaptation des modèles à la réalité des classes, de restaurer la confiance entre la direction pédagogique et le corps enseignant, tout en respectant leur dignité et en réévaluant de manière juste et équitable les incitations matérielles et morales, afin de construire ainsi une école publique de qualité, loin de l’arbitraire, du contexte opportuniste et de la précipitation ou de l’aléatoire.

   En définitif, le succès de la réforme « pionnière » reste conditionné par la capacité du ministère à passer d’une logique de contrôle procédural à une logique de soutien pédagogique, et d’une numérisation improvisée de l’évaluation à une évaluation formatrice intelligente qui sert réellement l’apprentissage. Une évaluation qui ne convainc pas l’enseignant ( le cas des post-test dont les codes sont convertis en notes chiffrées par Massar ; et le cas des notes attribuées exagérément à l’élève dans le parascolaire), et dont il ne perçoit pas l’impact à l’intérieur et de la classe, reste une évaluation formelle, et nuit aux apprenants autonomes et studieux au profit des paresseux et en difficulté , ce qui restreint les opportunités d’évolution pour les assidus capables d’apprentissage réflexif ; comme il demeure inacceptable.

   Enfin ; nous terminons cette modeste critique par un mot sur la nécessité d’accorder un temps suffisant à la formation continue. En effet, La formation continue joue un rôle crucial pour surmonter beaucoup de freins, mais elle demeure souvent insuffisante ou inadéquate face à la l’introduction de pratiques pédagogiques radicalement différentes de celles adoptées depuis longtemps dans les collèges traditionnels. Merci de prendre nos remarques en considération.

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  Marge. (1) : il s’agit-là d’un ambitieux programme de formation des élèves ; fruit d’un partenariat entre l’UNICEF ; le ministère et l’académie régionale de Béni Mellal Khénifra autour des centres d’intérêt suivants : le plaidoyer ; l’hygiène intime et l’up-shift (développement des soft-skills). Notre collège s’est vu privé de ce programme –sans raison- avec l’avènement du projet pionnier. Les profs qui y sont impliqués se trouvent complètement déçus.

 

Lamsallak Said ; enseignant de français depuis 2000

 

 

 

  


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