أطلس سكوب
بعث فاعل جمعوي و حقوقي بأزيلال برسالة إلى وزير الثفافية و الفنون الفرنسي يلتمس فيها التدخل من أجل إعادة تأهيل نصب أثري تذكاري يؤرخ لمرور المستكشف الفرنسي شارل دوفوكو أواخر القرن التاسع عشر . المراسل يؤكد في رسالته على أهمية الحفاظ على الذاكرة المكانية كتراث مادي مشترك للشعوب لن يكون من المعقول تركه عرضة للضياع و الإهمال . كما يؤكد على إمكانية استغلاله ليس فقط من الناحية التاريخية و لكن أيضا من الجانب التنموي الذي يتأسف على عدم إقدام المسؤولين المحليين على التفكير في استغلاله كمنتوج جاهز لجلب المداخيل كما تفعل ذلك العديد من المناطق سواء بالداخل أو الخارج .
ويلتمس الأستاذ صاحب الرسالة من الوزير الفرنسي إعادة الصفيحة المعدنية من أرشيف الجمهورية والتي تحمل بضع أسطر تاريخية لزيارة مرت عليها أكثر من 100 سنة .
و إليكم نص الرسالة كما وردتنا باللغة الفرنسية :
Azilal le : 24/03/2018
D’un citoyen, ardeur défenseur
de sa province natale dans le
Haut Atlas Central à Azilal
-Maroc-
A Monsieur
Le Ministre de la Culture
et des Arts, en France
Objet : Lettre plaidoyer en faveur d’un
monument historique, en danger
Monsieur le ministre,
C’est avec une grande amertume et une profonde douleur que je m’adresse à votre haute bienveillance, après mure réflexion comme ultime recours, pour agir afin de sauver de la disparition, un bâti pour commémorer le passage de Charles de Foucauld par la région d’Azilal. Cette œuvre qui représente pour nous tous un patrimoine matériel commun, et une part symbolique plurielle, est situé dans un lieu-dit « OUAOUIZEGHT » village au nationalisme indiscutable dans les oubliées montagnes du Haut Atlas Central, et dont les annales de l’Histoire nationale et binationale en disent long.
Nous souhaitons, ainsi, par cette lettre trancher le nœud gordien après tant de démarches déçues entreprises auprès de plusieurs responsables.
Monsieur le ministre, le motif de notre action est certes, noble loin de toute manipulation idéologique, calcul politicien, électoral ou autre, il s’agit conséquemment d’une honnête intention citoyenne pour la protection d’un patrimoine collectif chargé de rapports historiques révélateurs et riches en leçons pour toutes les générations. Ainsi, est-il de notre noble devoir de protéger ce monument historique fidèle traducteur et représentateur de l’Histoire franco-marocaine riche en enseignements, tumultueuse, douloureuse, avec, d’ailleurs, ses côtés positifs et négatifs sans doute comme toute histoire humaine car, en fin de compte, quoi que soit petite Cette trace ; elle est grande et représente l’Homme dans sa grandeur, ses passions, ses instincts, ses faiblesses …
l’Histoire des civilisations est faite de friction, d’Amour, de haine, de rapprochement, d’éloignement, l’on ne saurait donc faire fi de cela et laisser raser tous vestiges, toutes traces d’une pareille Histoire. Ce sera assurément un acte sacrilège et une offense odieuse à l’encontre de la mémoire des victimes des deux peuples : français et marocain.
Monsieur le ministre, nous eussions souhaité la protection de ce monument depuis un assez longtemps ; on se prosterne, hélas partout dans le monde ! devant un capitalisme sauvage, ravageur qui rase la nature, les monuments pour y planter des immeubles étouffoirs, rôtissoires bloquant la vue, l’horizon certes. Mais jamais l’espoir et la volonté de l’activité, de l’archéologue qui, à coups de précautionneux pinceaux, soutenus par des tonnes de patience et de courage, font éclore des entrailles de la terre des cités englouties. L’on ne peut qu’admirer et saluer l’abnégation de tels Etres Humains qui défient la bassesse et méprisent le luxe et la corruption pour réécrire sur des bases solides, tangibles, la vraie Histoire de l’Homme.
Ayez, Monsieur le ministre la louable gentillesse d’accepter cette demande/alerte, d’aide, ou d’intervention pour sauvegarder ce monument de l’indifférence des béotiens. Vous savez bien que la beauté et le bonheur sont des émotions impossibles à communiquer pour des personnes peu réceptives aux arts. Ainsi voudrais-je vous demander de bien vouloir restaurer ce monument en veillant à ce que la plaque de bronze ( ou je ne saurai trancher de quel matière fut elle fabriquée ) ; et sur laquelle étaient écrits quelques mots d’histoire sur le passage de Charles de Foucauld par cette région de la province d’Azilal vers la fin du 19ème siècle ; qu’elle soit récupérée des archives de France.
Herriot disait que « la culture est tout ce qui reste quand on a tout oublié. ». On vous attend à bon entendeur.
Veuillez agréer ; Monsieur le ministre; l’expression de notre haute considération.
Lamsallak Said .Enseignant
et acteur associatif ; d’Azilal